( Qu'est-ce que je fais là déjà ? C'est fatiguant de défendre l'indéfendable. De croire au pas croyables. C'est fatiguant de sauter à pied joints des trop grands fossés à trop grandes enjambées. De soutenir l'insoutenable. C'est fatiguant d'aimer éperdument des gens perdus qu'on voudrait amants. De penser l'impensable. C'est fatiguant d'avancer à une allure de pas incertains, de n'être qu'une mauvaise rature pour quelqu'un. D'avouer l'inavouable. C'est fatiguant d'allumer l'ombre, de raviver le feu sous l'eau. De sous-entendre des entendus déjà en dessous. C'est fatiguant de sur-élever le plus bas que bas vers le plus haut que beau. C'est fatigant de plonger tête la première dans l'ennui alors qu'on est derrière et sans ennuis. De rire l'irrisible. De complimenter le déjà trop complimenté. De se rabaisser pour qu'il nous relève. D'accepter l'inacceptable. De mesurer l'inmesurable. De porter l'importable. De s'habiller nue. De se déshabiller chaudement. D'apostropher les absurdes apostrophes par habitude. De jouer l'injouable. D'utiliser l'inutilisable. De perfectionner l'imparfait. De conditionner les conditions. De prendre les imprenables. De concentrer les cons centrés. De coincer les décoincés. C'est fatiguant de libérer les prisonniers, d'emprisonner les libérés. De tromper l'intrompable.De rassembler l'invraisemblable... )
Merci BatSimon, Yes I Can.